Nous sommes face à un danger grave et une urgence d’état.
Depuis deux mois, Mouv’Enfants mène un travail de signalement intense concernant des sites internet commercialisant des poupées sexuelles à l’effigie d’enfants. Il s’agit d’un phénomène structuré, organisé en réseau et qui évolue rapidement.
Chaque site que nous avons identifié fait l’objet de signalements systématiques auprès des autorités compétentes. Ces signalements sont adressés au procureur de la République, à la plateforme PHAROS pour les contenus et usages numériques illicites, ainsi qu’à la DGCCRF lorsque des infractions commerciales sont caractérisées. Ce travail repose sur une veille constante, des vérifications croisées et une actualisation continue des informations collectées.
Nous ne sommes pas face à des cas isolés. C’est l’ensemble d’un écosystème qu’il faut aujourd’hui documenter. Il appartient que ce travail ne repose pas principalement sur une association de protection de l’enfance.
Les acheteurs : une menace immédiate pour les enfants
Les faits sont clairs : la vingtaine d’interpellations d’acheteurs réalisées jusqu’à présent ont révélé, pour une partie, des profils déjà connus des services de police pour des faits de violences sexuelles sur mineur.e.s. L’achat de ce type de poupées ne relève pas d’un simple fantasme. Il s’inscrit dans une logique de passage à l’acte. Chaque acheteur constitue un danger réel pour les enfants. Nous rappelons que Joel Le Scouarnec, condamné cette année pour le viol de plus de 300 enfants sous soumission chimique, possédait ce type de poupées chez lui.
Juridiquement, la situation relève d’un danger grave et imminent. Chaque acheteur non identifié est une menace potentielle pour des enfants. L’état est dans l’obligation d’assurer leur sécurité.

Il faut rendre visible ce réseau et rappeler la responsabilité de l’État
Mouv’Enfants poursuivra ce travail de signalement et d’alerte. Mais il est essentiel de le rappeler clairement : ce travail devrait être assuré par les services de l’État. Identifier les réseaux, fermer les sites, enquêter sur les acheteurs, protéger les enfants ne peut pas reposer durablement sur la société civile.
Toutefois, tant que les autorités compétentes ne font pas le nécessaire, nous vous engageons en tant que citoyen.ne.s protecteur.ice.s des enfants de signaler ce type d’entreprise en ligne.
Voici la lettre type que nous utilisons pour les signalements au parquet de Paris et que vous pouvez télécharger.
Aujourd’hui, nous mettons en ligne une carte interactive recensant l’ensemble des sites identifiés et signalés via nos investigations. Chaque site figurant sur cette carte aura fait l’objet de signalements formels auprès des autorités compétentes. Cette cartographie vise à documenter l’ampleur du phénomène et à rendre visible ce qui est volontairement dissimulé.