Aujourd’hui en France, un enfant victime de violences et d’agressions sexuelles n’a droit à aucun parcours de soins dédiés obligatoires et gratuits
En France, un enfant victime de violences n’a accès à aucun parcours de soins dédié. Aucun dispositif systématique, aucun droit garanti à une prise en charge psychotraumatique spécialisée.
Ce vide institutionnel produit un phénomène massif, profond et irréversible : des adultes condamnés à vivre avec des séquelles que la société refuse de traiter.
Les chiffres sont accablants :
- Une victime sur deux de violences sexuelles tente de se suicider.
Source : IVSEA, Mémoire Traumatique, 2015 - 50 % des enfants victimes de violences sexuelles présentent des troubles compulsifs alimentaires (TCA).
Source : CIIVISE, Rapport public, 2023, p. 323 - Une petite fille victime de violences sexuelles risque deux fois plus d’être victime de violences conjugales.
Source : CIIVISE, 2023, p. 333 - L’espérance de vie des enfants victime de violence chute en moyenne de 20 ans.
Source : Imp’Act - 90 % des enfants victimes de violences sexuelles subissent des séquelles affectives et sexuelles toute leur vie.
Source : CIIVISE, 2023, p. 331 - Le coût des violences sexuelles sur enfants atteint 10 milliards d’euros par an.
Source : CIIVISE, 2023
Ces violences ne s’arrêtent jamais quand le crime cesse mais elles s’inscrivent dans le corps, l’identité, la santé mentale, la vie intime et sociale des victimes.
Ce n’est pas un problème individuel : c’est une crise nationale de santé publique.
À l’abandon médical s’ajoute l’abandon judiciaire !
Seulement 1 % des incestueurs et 3 % des pédocriminels sont condamnés.
La France tolère l’impunité, comme si violer un enfant était un crime sans conséquence.
Cette réalité n’est pas une fatalité : c’est un choix politique.
Mouv’Enfants lance une campagne pour donner un visage aux séquelles invisibles, dénoncer l’effondrement de la protection de l’enfance et réclamer une prise en charge digne des victimes par un état de droit.
Au-delà de ce fléau, le réel coût est humain. Les dommages psychotraumatiques pèsent sur la santé, la vie sociale, l’emploi, les familles, la justice, l’hôpital.
Chaque enfant abandonné, c’est un adulte meurtri et une société malade.
Le Manifeste de Mouv’Enfants
Nous refusons la résignation.
Nous défendons l’inviolabilité de l’enfance, la dignité des victimes, la présomption de parole, la réparation avant l’oubli.
Ce Manifeste, déjà signé par des centaines de citoyens, est notre base commune : nous combattrons l’indifférence.
Nos exigences immédiates
Mouv’Enfants demande au Gouvernement et au Parlement :
- La création d’un parcours de soins psychotraumatiques, gratuit, systématique et spécialisé pour chaque enfant victime, conforme aux recommandations de la CIIVISE.
- Un renforcement juridique et pénal pour mettre fin à l’impunité et garantir la condamnation effective des agresseurs.
Photographe © Gautier Van Lieshout