Pédocriminel en liberté : action choc pour que l’abbé Patrick Groche soit jugé

Vendredi 24 mai, Arnaud Gallais et des activistes de Mouv’Enfants ont mené une action choc à Lourdes, au côté de membres du Collectif de victimes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). L’abbé Patrick Groche, désormais septuagénaire, vit librement dans un prieuré de la FSSPX alors qu’il a violé des mineurs au Gabon de 1986 à 2008.

Mouv’Enfants demande que ce prêtre pédocriminel soit jugé. L’association dénonce l’impunité dont il bénéficie, et la complicité de sa congrégation, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, qui a couvert ses actes depuis de nombreuses années.

Les révélations de Claude, une des victimes de Patrick Groche

En 2022, un homme d’une cinquantaine d’années, Claude, témoigne à visage découvert devant la caméra du média Jeune Afrique des agressions sexuelles et viols qu’il a subi de la part de l’abbé Patrick Groche.

Les faits se sont déroulés dans les années 80 et 90, d’abord à Libreville au Gabon, puis en France où Claude poursuit des études financées par la FSSPX.

Claude n’est selon toute probabilité pas la seule victime. Il cherche à identifier d’autres victimes qui accepteraient de déposer plainte et de témoigner.Au courant des faits, la Fraternité Saint-Pie X a couvert le pédocriminel

Au courant des faits, la Fraternité Saint-Pie X a couvert le pédocriminel

Un média dédié à l’actualité au Gabon affirme avoir pu consulter « une note interne confidentielle de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ». Cette note atteste que Patrick Groche aurait reconnu « sa culpabilité, de façon claire et sans difficulté » auprès de ses supérieurs hiérarchiques au cours d’une visioconférence interne à la FSSPX. Et cela, à propos de violences sexuelles commises « sur plusieurs jeunes paroissions au Gabon ».

Patrick Groche a été interpellé en 2022 à Lourdes par des membres du Collectif des victimes de la FSSPX qui lui ont remis un courrier en main propre. Ces victimes lui demandaient de reconnaître publiquement par un communiqué les avoir agressé sexuellement. Sans surprise, l’abbé pédocriminel n’a jamais donné suite.

Claude a pendant très longtemps eu peur et honte de parler. C’est en 2019 qu’il sort du silence, alerte la hiérarchie de la Fraternité Sacerdolate Saint-Pie X et dépose plainte. Malheureusement, au regard des délais légaux de prescription, les faits ne sont plus poursuivables et la justice prononce un non-lieu.

Ce cas rappelle évidemment les nombreux autres cas de pédocriminalité dans l’Église, tels que celui du pédocriminel Albert Maës qui a reconnu en 2017 avoir violé des enfants en Guinée et n’est toujours pas jugé, ou encore celui de l’évêque pédocriminel belge Roger Vangheluwe qui vit libre en France en ayant pourtant reconnu à la télé néerlandaise des viols sur ses deux neveux.

Reportage et interview d’Arnaud Gallais sur France Bleu Béarn (vidéo audiogramme, durée : 110 s)

La prescription garantit l’impunité des pédocriminels auteurs de faits anciens

La prescription des crimes sexuels commis sur des mineurs empêche de nombreuses victimes d’obtenir justice.

Il faut de longues années aux victimes pour parler, pour oser peut-être porter plainte. Et une grande part des victimes est frappée d’amnésie traumatique et ne recouvre progressivement une mémoire des agressions subies que des années, parfois des décennies, après les faits.

C’est pourquoi Mouv’Enfants réclame l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur les enfants, et participe à l’interpellation et la mobilisation des parlementaires sur ce sujet. L’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs fait l’objet de deux propositions de loi : une PPL portée par la députée Francesca Pasquini et une autre par la députée Virginie Duby-Muller. Et c’est grâce à l’action de Mouv’Enfants que les premières questions écrites sur l’imprescriptibilité ont auparavant été déposées par Sandrine Rousseau, Aymeric Caron et Nicolas Thierry.